L’essor des contenus multilingues et des outils de traduction automatique a rendu les ressources étrangères plus accessibles que jamais. Cela a favorisé l’émergence du plagiat translingue, souvent perçu à tort comme inoffensif. Traduire un article sans le reformuler ni en mentionner l’auteur initial revient pourtant à s’approprier une pensée qui ne nous appartient pas.
Ce phénomène s’inscrit dans un enjeu plus global lié à l’intégrité académique et aux examens en ligne. Pour mieux comprendre les risques et les bonnes pratiques, vous pouvez aussi consulter nos articles sur les stratégies pour prévenir le plagiat en contexte d’évaluation, les gestes à adopter pour éviter le plagiat, ou encore les différences subtiles entre paraphraser et plagier.
Traduire un texte ne signifie pas en être l’auteur. Chaque traduction repose sur une œuvre originale, dont le sens, le contexte et l’intention doivent être respectés. Mentionner la source initiale est donc indispensable pour comprendre pleinement le propos et situer l’information.
Omettre cette référence revient à présenter une idée comme sienne, sans rendre compte de sa provenance, ce qui fausse l’analyse. Citer permet non seulement de reconnaître le travail de l’auteur, mais aussi d’ancrer l’information dans une logique de recherche. Cela donne au lecteur la possibilité de remonter au document d’origine, de vérifier l’interprétation et de replacer les citations dans leur contexte culturel ou conceptuel.
Traduire sans citer, c’est effacer la filiation intellectuelle du contenu. Or, toute réflexion rigoureuse repose sur une chaîne de transmission explicite. La citation, dans ce cadre, ne relève pas d’une simple formalité, mais constitue un outil fondamental de compréhension et de légitimité.
Le plagiat par traduction peut résulter d’une méconnaissance des règles autant que d’une volonté de dissimulation. Voici quelques repères pour éviter les dérives et adopter une pratique rigoureuse :
Même si vous reformulez ou abrégez un texte, l’origine de vos informations doit toujours être clairement indiquée. Mentionner la source (titre de l’ouvrage ou de l’article, éditeur, date, URL le cas échéant) permet :
Astuce : placez la référence directement après la citation ou le passage traduit (entre parenthèses ou en note de bas de page), selon le style de citation en vigueur (APA, Chicago, etc.).
Traduire ne veut pas dire transposer mot à mot ! Pour prouver votre compréhension du propos et éviter la simple reproduction, vous devez :
Exemple : – Version mot à mot : « Le marketing digital se déploie à l’échelle mondiale ». – Reformulation personnelle : « Les stratégies numériques s’étendent désormais à l’international. »
Indiquer l’auteur et la langue d’origine ajoute de la transparence et crédibilise votre travail :
Format type : Traduction de [Titre de l’ouvrage], par [Nom de l’auteur], publié en [année] (texte original en [langue]).
Les outils de traduction automatique peuvent vous faire gagner du temps, mais :
Recommandation : utilisez-les comme brouillon, puis relisez et reformulez intégralement pour garantir exactitude et fluidité.
Avant de soumettre un document, il est judicieux de le soumettre à un logiciel spécialisé capable de repérer les ressemblances multilingues :
Même correctement référencés, un ensemble de citations traduites reste un collage de textes d’autres auteurs et peut diluer votre propre contribution :
Bonne pratique : limitez les citations traduites à 10–15 % de votre document et complétez-les systématiquement d’un commentaire personnel pour illustrer leur pertinence.
Le plagiat, y compris lorsqu’il prend la forme d’une traduction non créditée, est perçu comme une atteinte sérieuse à l’intégrité intellectuelle. Les conséquences varient selon le cadre dans lequel la faute est constatée, mais elles peuvent être durables, tant sur le plan académique que juridique.
Les universités et écoles disposent d’une large autonomie pour sanctionner les actes de plagiat. Après analyse du travail soumis, les instances disciplinaires peuvent prononcer :
Le plagiat par traduction est explicitement reconnu dans plusieurs règlements comme une forme de copie dissimulée.
Au-delà du cadre universitaire, le plagiat entre dans le champ de la contrefaçon, comme le prévoit l’article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle. Cela inclut la traduction non autorisée ou sourcée d’un contenu original.
Les peines encourues en cas de poursuite judiciaire sont les suivantes :
Même sans poursuite, un acte avéré de plagiat peut nuire à la réputation d’un étudiant ou d’un professionnel, et bloquer l’accès à certains concours, financements ou postes à responsabilité.
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